Nous ne pouvons parler de vent sans parler de la pression atmosphérique.
L'air a beau être un gaz il pèse tout de même quelque
chose. La pression atmosphérique est une force par unité d'aire.
Pour être plus précis, il s'agit du poids d'une colonne d'air
qui s'étend d'une altitude donnée jusqu'au sommet de l'atmosphère.
L'unité utilisée est le kilopascal (kPa) ou le millibar (mb).
En moyenne, au niveau de la mer, la pression atmosphérique est de
101,32 kPa ou 1013,2 mb (1 kPa valant 10 mb). Pour mesurer la pression,
on utilise on baromètre. Un des types de baromètre est la
colonne de mercure. Plus la pression est élevée et plus la
colonne de mercure sera élevée. L'inverse se produit si la
pression de l'air diminue; la hauteur de la colonne de mercure sera plus
basse.
En météorologie, les mesures de pression sont toujours
ramenées au niveau de la mer pour pouvoir comparer les mesures entre
les différentes stations météorologiques. Pour avoir
une une idée générale de la pression atmosphérique,
les météorologues utilisent des cartes sur lesquelles sont
tracées des isobares, c'est-à-dire des lignes reliant entre
eux les points de pression identiques.
Le vent est un déplacement de l'air. Il possède une vitesse
et une direction. La vitesse est exprimée en m/s, km/h ou en noeuds
(1 noeud représente 1,852 km/h). La direction indique d'où
provient le vent et elle s'exprime en fonction de la rose des vents comme
celle illustrée ici.
Mais d'où vient le vent? En termes simples, le vent provient des
hautes pressions et se dirige vers les basses pressions dans le but de combler
son vide relatif.
En termes plus scientifiques, pour définir le vent, nous devons
parler du gradient de pression. Le gradient de pression est la différence
de pression existant entre deux points divisée par la distance qui
les séparent. Donc, (P1-P2)/distance.
C'est donc la différence de pression entre deux points qui crée
une force nommée force du gradient de pression. Plus le vent est
fort, plus la force du gradient de pression est élevée (donc,
ou bien la différence P1-P2 est grande ou bien la distance est faible).
Sur une carte avec isobares, plus ces derniers sont rapprochés et
plus la force du gradient de pression sera forte et plus le vent sera fort.
La direction de la force du gradient de pression va de la haute pression
vers la basse pression. Toutefois, noter que plus on s'élève
dans les latitudes, plus la force de coriolis diminue et plus la force du
gradient de pression sera faible et plus le vent sera faible aussi.
Pour illustrer davantage le concept de la force du gradient de pression,
référez-vous à l'image qui suit.
Les flèches représentent des vecteurs (référez-vous
à vos cours de physique de base...). Les lignes noires sont les isobares.
La bille bleue est une particule imaginaire placée sur l'isobare
de haute pression.
Comme première étape, imaginons qu'on laisse aller la bille,
elle sera entraînée vers l'isobare de la basse pression en
fonction du vecteur de la force du gradient de pression.
En deuxième lieu, on l'a vu dans la section précédente
que tout mouvement dans l'atmosphère subit l'effet de la force de
coriolis. Si on ajoute ce deuxième vecteur, on voit que la force
résultante se trouve déviée vers sa droite. C'est pour
cette raison que le vent n'est pas perpendiculaire aux isobares.
Enfin, en troisième lieu, augmentons la vitesse de la particule.
Ceci a pour effet d'augmenter la force de coriolis (pour comprendre davantage,
j'invite le lecteur à lire le livre "L'atmosphère et
la prédiction du temps(, à la page 32-35). La force résultante
s'en trouve d'autant plus déviée vers sa droite.
Ce phénomène se poursuit jusqu'à ce que l'équilibre
entre la force de coriolis et la force du gradient de pression soit atteint
(les forces deviennent opposées). Il s'agit de l'équilibre
géostrophique. Donc, en théorie, le vent circule alors parallèlement
aux isobares et dans le sens horaire dans les hautes pressions et dans le
sens anti-horaire dans la basse pression. Ce type de vent est aussi appelé
"vent du gradient".
En pratique, la terre n'est pas lisse. Elle possède un relief
et sa surface est courbe ce qui a pour effet d'offrir une résistance
au déplacement de l'air créant ainsi la force de friction.
Si on se réfère à la figure suivante, l'introduction
de cette nouvelle force a pour effet de réduire la vitesse du vent
et par le fait même la force de coriolis. L'équilibre géostrophique
n'est plus possible. Le nouvel équilibre est tel que la vitesse du
vent est inférieure à la vitesse du vent géostrophique
et le vent souffle à travers des isobares.
Pour compliquer davantage les choses, nous pourrions ajouter l'effet de la force centripète dans le cas où la courbure des isobares est prononcée. Toutefois, j'invite le lecteur à lire le livre "Connaître la météorologie" à la page 62. Toutefois, le lecteur attentif aura compris que sur les régions océaniques, le vent est davantage parallèle aux isobares que dans les régions continentales avec un relief plus accidenté, la force de friction n'étant pas aussi forte sur les océans. Voir aussi USA Today pour plus d'informations.
La figure suivante montre les déplacements de l'air dans les zones
de haute et basse pression. La flèche rouge indique que dans cette
zone, un observateur étant dos au vent aura la haute pression à
sa droite et la basse pression à sa gauche (loi de Buys-Ballot).
Le vent possède une nature turbulente. Il existe trois types de
turbulence: thermique, mécanique et de cisaillement.
Les turbulences thermiques surviennent lorsque de l'air chaud s'élève
dans le ciel comme une bulle d'air dans un contenant d'huile rempli à
presque pleine capacité retourné rapidement avec la tête
vers le bas. L'été dans les champs, lorsque le sol reçoit
un maximum d'énergie du soleil, l'air au voisinage du sol est réchauffé
et c'est là que peut débuter un mouvement ascendant de l'air.
Il se forme alors des cellules convectives. La figure suivante illustre
ce phénomène.
Les turbulences mécaniques surviennent au fil des irrégularités
du sol. La figure qui suit illustre différents types d'irrégularités.
Les turbulences de cisaillement sont dues pour leur part à une différence de direction du vent a des altitudes différentes. Le point de friction entre deux couches d'air se déplaçant dans des directions différentes provoque une sorte de friction qui engendre la turbulence.
Cette section présente la différence entre une brise de mer et une brise de terre.